Arginine

Rôles physiologiques de l’arginine

L’arginine, impliquée dans différentes voies métaboliques, exerce de nombreux rôles
physiologiques, qui peuvent être dépendants ou indépendants du NO (Figure 39) (23, 217).
De nombreux effets de l’arginine sont ceux du NO lui-même : inhibition de la
prolifération et de la migration des cellules musculaires lisses, vasodilatation et inhibition de
l’adhésion des monocytes et des plaquettes. L’effet anti-agrégant plaquettaire de l’arginine
semble être dû à la production accrue de GMPc plaquettaire et l’inhibition de la formation de
thromboxane B2 (218). Cependant, l’arginine a un effet direct inhibiteur sur l’adhésion des
leucocytes dans la matrice sous-endothéliale (23). De plus, elle stimule la fibrinogénolyse et
la génération de plasmine (23, 219).
Son caractère basique peut influencer la dépolarisation membranaire des cellules
endothéliales et induire ainsi une vasodilatation indépendante de l’endothélium ou encore
réguler le pH intracellulaire. L’arginine possède des propriétés anti-oxydantes en piégeant
l’anion superoxyde : elle limite ainsi la peroxydation lipidique (23). Elle serait également
impliquée dans les variations de la viscosité du sang (220). L’arginine est aussi un précurseur

des polyamines (putrescine, spermine, spermidine) qui sont importantes pour la prolifération et la différenciation cellulaires, de la proline nécessaire à la synthèse de collagène pour la cicatrisation, de la créatine qui joue un rôle dans le métabolisme énergétique dans les muscles

et les neurones (54, 184) et enfin de l’agmatine qui est à la fois un intermédiaire dans la
synthèse des polyamines et une molécule neuromodulatrice (217). L’agmatine est aussi
impliquée dans les phénomènes d’apoptose et de nécrose et peut également stimuler la
libération d’insuline et de catécholamines (221). L’arginine intervient au niveau du cycle de
l’urée pour la détoxification de l’ammoniac, en agissant comme activateur d’une enzyme clé
du cycle, la N-acétylglutamate synthase (213). L’arginine exerce aussi un effet sécrétagogue
vis-à-vis de l’hormone de croissance, de la prolactine, des catécholamines, du glucagon et de
l’insuline (23, 217, 222). Les effets de ces hormones peuvent contribuer aux effets de
l’arginine sur la fonction cardiovasculaire (223), l’insuline et le glucagon étant chacun des
vasodilatateurs. Cependant, la sécrétion d’insuline liée à l’arginine ne peut pas être totalement
dissociée de l’action du NO. En effet, l’effet de l’arginine sur la sécrétion d’insuline est
partiellement dépendant du NO (224). À l’inverse, c’est un inhibiteur de l’enzyme de
conversion de l’angiotensine II, accentuant l’effet hypotenseur induit par le NO (Tableau 2).
Ambre Deveaux. Supplémentation nutritionnelle en arginine chez des sujets sains présentant des facteurs de risque liés au syndrome métabolique : métabolisme de l’arginine alimentaire et impact sur la fonction endothéliale. Médecine humaine et pathologie. Université Paris-Saclay, 2016. Français.
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